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avr
15

Opération « un masque pour tous » à Coeur d’Ostrevent

Article de Jean-Luc Rochat, paru dans La Voix du Nord

Cœur d’Ostrevent (CCCO), en collaboration avec l’association APRES, a décidé de donner un masque en tissu à chacun des habitants des communes de l’intercommunalité. La CCCO ne fait, selon Frédéric Delannoy, son président, que devancer l’application d’une mesure qu’il prévoit obligatoire sous peu.

C’est une demande de l’association APRES (Association Promotion Recherche Environnement Santé publique) qui a incité la CCCO à se pencher sur l’idée d’équiper les 75 000 habitants des communes de l’intercommunalité d’un masque en tissu couvrant la bouche et le nez. Et aussi le sentiment que le port de ce masque n’allait pas tarder à être imposé en cas de sortie.
«L’association, dans laquelle il y a plusieurs médecins, préconise le port de cet équipement sur la base de données scientifiques avérées », indique le Dr Paul Cordonnier, président de l’association APRES qui rayonne dans le Valenciennois et à l’est du Douaisis. Exemple à l’appui : «Un éternuement projette dans l’espace devant soi des gouttelettes de l’ordre du micron (un millième de millimètre). S’il s’agit d’une personne porteuse du Covid-19, ces gouttelettes sont des supports du virus. Un simple masque en tissu représente une barrière mécanique contre ces projections.»

À LAVER ET À SÉCHER
Le Dr Cordonnier prend bien soin d’ajouter que ce type de masque n’est pas d’une efficacité totale. «Son usage réduit les risques mais ne les fait pas disparaître.» D’autant que s’il est porté quatre heures, l’humidité dégagée par la respiration dégrade la relative imperméabilité de ces tissus (coton, etc.) aux vecteurs du virus (postillons, etc.). Il faut donc le laver et le sécher avant de s’en resservir. Pour le Dr Cordonnier, quatre minutes à 60º suffisent ; pour l’Association française de normalisation (AFNOR), qui fixe les normes NF, c’est 60º aussi mais pendant trente minutes, en machine à laver et avec un détergent, sans qu’elle dise lequel.
Il y a une petite semaine, la CCCO a contacté les mairies pour qu’elles trouvent un référent. Ou plutôt des référentes car ce sont des couturières qui ont répondu à l’appel. Ce point est déjà réglé, signe que des gens n’attendent qu’une occasion pour donner d’eux-mêmes…
À charge pour ces référentes de constituer une équipe avec d’autres couturières prêtes à s’engager dans cette action. Un appel aux dons a aussi été lancé : draps, pièces de coton, etc. La CCCO, ainsi que des communes, en ont commandé avec du matériel (bobines de fil, etc.), qui seront distribués à la demande. Deux types de masque seront fabriqués, selon des indications données par l’AFNOR.

FAIRE VITE
Quand les masques seront-ils distribués ?
«On ne sait pas mais il faut que ça soit le plus vite possible, indique Joël Pierrache, premier vice-président de la CCCO. L’opération vient de démarrer, avec des ajustements à faire qu’on découvrira au fur et à mesure.»

Note de l’association APRES
L’absence momentanée de masques cousus n’empêche pas de se protéger. Il est toujours possible de confectionner un masque sans couture. Des tutoriels sont disponibles sur le net en attendant.